
Plâtrerie traditionnelle
Enduits à la chaux, torchis et colombage à Lisieux et dans le Pays d’Auge
Un mur ancien sèche par ses faces. Le ciment lui retire cette issue, et c’est le bois du colombage qui paie l’addition, souvent dix ans plus tard et toujours au même endroit.
Ce que nous reprenons
Les enduits, en propre, avec le liant que le mur supporte. Ce que nous ne faisons pas est écrit aussi clairement que le reste.
- Plâtre, chaux, chaux-chanvre, terre
- L’enduit qui protège le torchis
- Le ciment retiré, jamais recouvert
Nos engagements sur du bâti ancien
Sur une maison de deux cents ans, l’erreur ne se voit pas la première année. Elle se voit quand le bois a travaillé, et il est alors trop tard pour la rattraper à peu de frais.
Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas
- Nous reprenons les enduits : plâtre traditionnel, chaux, chaux-chanvre et terre crue, sur colombage, pierre et brique ancienne. C’est notre métier et nous le faisons de nos mains.
- Nous ne refaisons pas le remplissage lui-même. Quand un panneau de torchis s’est effondré ou que le clayonnage est à reprendre, cela relève d’un autre savoir-faire, et nous vous orientons plutôt que de l’improviser.
Le liant se choisit d’après le mur
- Un même bâtiment peut demander deux liants différents selon la paroi : une chaux là où la façade prend la pluie, un plâtre à l’intérieur d’une pièce sèche, une terre sur un mur qu’on veut voir réguler l’humidité.
- Le liant retenu figure au devis, avec le nombre de passes et l’aspect visé. C’est ce qui vous permet de comparer deux propositions autrement que sur le total.
Le ciment se retire, il ne se recouvre pas
- Beaucoup de murs anciens portent un enduit ciment appliqué dans les années soixante-dix. Il est étanche à la vapeur d’eau : l’humidité que le mur devrait évacuer reste dedans, gèle en hiver, fait éclater la pierre et pourrir le bois du pan.
- Poser un enduit perméable par-dessus ne sert à rien : c’est le ciment qui commande. Nous le piquons, et ce poste figure au devis avec son évacuation, parce qu’il représente souvent la moitié de la main d’oeuvre.
Le temps, qui ne se négocie pas
- Un enduit traditionnel se monte en plusieurs passes, et chacune attend que la précédente ait pris. Une chaux aérienne durcit au contact de l’air, lentement, et rien ne l’accélère : ni un chauffage d’appoint, ni la bonne volonté.
- Le calendrier écrit au devis intègre ces attentes, saison comprise. Nous préférons annoncer un chantier plus long qu’un chantier plus rapide qui se fissurera.
Six étapes, du piquage à la dernière passe
Les deux premières décident du reste. La troisième est la plus ingrate, et c’est celle que les devis rapides oublient.
Lecture du mur
- De quoi ce mur est-il fait, et qu’a-t-on posé dessus depuis ? Pan de bois et remplissage, moellon, brique, ou les trois à la fois sur la même façade. Nous sondons l’enduit existant pour savoir s’il tient encore au support.
- L’état du bois commande tout. Un pan de bois sain accepte presque tous les enduits perméables ; un bois déjà attaqué en pied demande d’abord l’avis d’un charpentier, et nous le disons avant de chiffrer.
Devis, liant et passes écrits
- Le liant, le nombre de passes et l’aspect final figurent noir sur blanc. Un enduit à la chaux peut se finir gratté, taloché, brossé ou lissé : ce ne sont ni le même temps de travail, ni le même rendu, ni le même prix.
- Les postes conditionnels sont annoncés. Sur du bâti ancien, on découvre en piquant. Ce qui peut apparaître est listé au devis avec son prix, pour qu’aucune surprise ne se négocie en cours de chantier.
Piquage de ce qui étouffe le mur
- Dépose de l’enduit ciment, des plaques collées et des peintures filmogènes. C’est long, sale, et sans effet visible le soir venu : le mur est simplement redevenu ce qu’il était. C’est pourtant l’étape qui décide de la durée de tout le reste.
- Le mur respire ensuite pendant plusieurs semaines. Un mur longtemps enfermé sous du ciment est chargé d’eau. Le réenduire aussitôt reviendrait à refermer la porte que l’on vient d’ouvrir.
Préparation et première passe
- Le support est dégarni, dépoussiéré et humidifié. Un mur sec boit l’eau de l’enduit avant qu’il n’ait pris, et l’enduit se pulvérise quelques mois plus tard. C’est un geste invisible et déterminant.
- Une première passe d’accrochage est projetée. Elle est volontairement rugueuse : elle ne sert pas à faire joli, elle sert à donner prise à la suite. On la laisse prendre avant de continuer.
Corps d’enduit
- C’est la passe qui donne l’épaisseur et rattrape la géométrie. Elle se dresse à la règle, sans chercher la planéité d’un mur neuf : un mur ancien redressé au cordeau perd exactement ce pour quoi on l’aime.
- Les pans de bois sont respectés. L’enduit vient mourir contre le bois sans le recouvrir ni l’emprisonner, et cette jonction est le point où se juge un travail de plâtrier sur colombage.
Finition et séchage
- La dernière passe donne l’aspect retenu au devis, gratté, taloché, brossé ou lissé. C’est aussi elle qui donne la teinte quand l’enduit reste apparent : la couleur vient du sable et du liant, pas d’une peinture posée après.
- Le chantier n’est pas fini quand nous partons. Un enduit à la chaux continue de durcir pendant des semaines, et il faut le laisser tranquille. Nous vous disons quoi ne pas faire pendant cette période, notamment ne rien peindre.
Quatre liants, quatre usages
Ce ne sont pas des variantes de goût. Chacun se comporte différemment face à l’eau, et c’est ce comportement qui décide, pas l’aspect.

- Le plâtre traditionnel
C’est le liant des intérieurs anciens, et il a une qualité qu’on lui reconnaît rarement : il absorbe l’humidité de la pièce quand elle monte et la rend quand elle baisse. Il se travaille vite, il ne pardonne pas l’hésitation, et il donne ces murs légèrement vivants que les enduits industriels n’imitent pas. - La chaux
C’est la réponse la plus courante sur pierre et sur colombage, à l’intérieur comme à l’extérieur. Elle laisse passer la vapeur d’eau, elle accepte les mouvements du support, et elle se choisit selon l’exposition : une chaux aérienne durcit lentement au contact de l’air, une chaux hydraulique prend plus vite et convient mieux là où la pluie bat. - La chaux-chanvre
Le même liant, mélangé à de la chènevotte. On y gagne un enduit épais qui isole un peu, tout en restant perméable : c’est souvent la bonne réponse sur un colombage, là où un doublage classique enfermerait le bois. Il demande de l’épaisseur, donc du temps de séchage, et il ne remplace pas une isolation complète. - La terre crue
C’est le matériau d’origine du remplissage normand, et il revient à l’intérieur pour ce qu’il fait de mieux : réguler l’hygrométrie d’une pièce. Il craint l’eau liquide et se réserve donc aux parois abritées, jamais à une façade exposée ni à une pièce d’eau.
Ces murs ont tenu deux siècles sans nous
Ils n’ont pas besoin qu’on les modernise, seulement qu’on cesse de les empêcher de sécher. C’est presque toujours la première chose à faire, et rarement la plus vendue.
Nous venons lire le mur, l’état du pan de bois et ce qui a été posé dessus, puis nous vous disons ce qu’il faut retirer avant d’ajouter quoi que ce soit.
Une maison ancienne
Le liant retenu, le nombre de passes et l’aspect final sont écrits au devis, avec le calendrier de séchage.
Quatre supports, et ce qu’ils demandent
Chaque pile se lit du bas vers le haut : le support d’abord, la dernière passe en haut. Ce qui change d’un cas à l’autre est presque toujours ce qu’il faut retirer avant de commencer.
Quatre murs que nous rencontrons chaque mois dans le Pays d’Auge.
- Pan de bois et remplissage
- Support dégarni, humidifié
- Corps d’enduit à la chaux
- Finition, bois dégagé
Le colombage
Tout se joue à la rencontre du bois et de l’enduit. Le bois travaille avec les saisons, l’enduit non : la jonction doit donc rester souple et ne jamais emprisonner le pan. Un enduit qui déborde sur le bois retient l’eau contre lui, et c’est exactement là que le pied de poteau finit par pourrir. Nous laissons le bois apparent et l’enduit vient mourir contre lui.
- Moellon et joints ouverts
- Rejointoiement si besoin
- Passe d’accrochage
- Corps et finition
Le mur de pierre
Un mur de moellons n’est pas plein : c’est un assemblage qui bouge un peu et qui laisse circuler l’air. Avant l’enduit, les joints creux se reprennent, sinon l’enduit s’y engouffre et se fissure au premier hiver. La chaux est ici presque toujours la bonne réponse, et son épaisseur suit les irrégularités de la pierre plutôt que de les gommer.
- Brique ancienne, tendre
- Nettoyage sans décaper
- Enduit mince ou joint repris
- Finition, ou brique laissée nue
La brique ancienne
La brique de pays est tendre et poreuse : elle se raye, elle s’effrite, et un nettoyage trop énergique lui retire sa peau cuite, celle qui la protège. La question posée est souvent la même : faut-il enduire ou laisser apparent ? Nous la tranchons sur place, en regardant l’état des joints et l’exposition du mur, jamais sur photographie.
- Ciment piqué et évacué
- Mur laissé sécher
- Support repris
- Enduit perméable
Le mur déjà couvert de ciment
C’est le cas le plus fréquent, et le plus décevant à annoncer : l’essentiel du budget part dans la dépose, avant que le premier enduit neuf ne soit posé. Le ciment tient souvent très bien, ce qui rend le piquage long. Nous le disons avant, avec le poste chiffré à part, parce que c’est cette ligne qui fait renoncer ou décider.
Le reste de nos travaux de plâtrerie
Le bâti ancien demande des enduits perméables. Les trois autres pages traitent des ouvrages en plaques, du doublage isolant et du décor.
Pose de placo et cloisons
Créer une pièce, fermer un volume, monter un plafond, et les six lignes qui font varier un devis.
Isolation des murs intérieurs
Doubler par l’intérieur sans enfermer l’humidité, et la surface que cela vous prendra.
Plâtrerie décorative, staff et stuc
Corniches, rosaces et moulures, réalisées par un partenaire spécialisé que nous coordonnons sur le chantier.
Tous nos travaux de plâtrerie
La page d’ensemble : les quatre ouvrages du métier, les six étapes, et ce qui se décide avant de fermer un mur.
Où nous reprenons vos enduits anciens
Nous travaillons depuis Lisieux, dans le Pays d’Auge et les communes voisines.
- Lisieux
- Deauville
- Trouville-sur-Mer
- Honfleur
- Pont-l'Évêque
- Cabourg
- Caen
- Bernay
- Falaise
- Orbec
- Livarot
- Saint-Pierre-en-Auge
Questions fréquentes sur les enduits anciens
Ce que les propriétaires de maisons anciennes nous demandent. Plusieurs de ces réponses vont à l’encontre de ce qu’on leur a dit ailleurs.
Qu’est-ce que le torchis, exactement ?
C’est le remplissage traditionnel des murs à pan de bois : un mélange de terre argileuse et de fibres végétales, le plus souvent de la paille ou du foin, appliqué sur un support de bois qui tient entre les poteaux. La terre apporte la cohésion, les fibres évitent qu’elle ne se fende en séchant. C’est un matériau vivant, qui absorbe et rend l’humidité, et c’est précisément ce qui explique pourquoi il supporte mal d’être enfermé derrière un enduit étanche.
Reprenez-vous les panneaux de torchis abîmés ?
Non, et c’est une limite que nous préférons annoncer d’emblée. Nous reprenons les enduits, c’est-à-dire ce qui protège le remplissage et ce qui se voit. Quand le panneau lui-même s’est affaissé, que le support de bois est cassé ou que la terre a disparu sur une hauteur, il faut refaire le remplissage, et cela relève d’un autre savoir-faire. Nous vous le disons à la visite et nous vous orientons, plutôt que d’improviser sur un ouvrage qui tient votre mur.
Pourquoi le ciment abîme-t-il un mur ancien ?
Parce qu’il est pratiquement étanche à la vapeur d’eau, alors que le mur ancien compte sur ses faces pour sécher. L’humidité qui monte du sol ou qui traverse la maçonnerie ne trouve plus d’issue : elle stagne derrière l’enduit, gèle l’hiver et fait éclater la pierre, ou reste contre le bois du pan qui finit par pourrir. Le désordre apparaît des années après la pose, ce qui explique que le lien avec le ciment ne soit presque jamais fait.
Chaux aérienne ou chaux hydraulique ?
Les deux sont des chaux, elles ne durcissent simplement pas de la même façon. L’aérienne prend au contact de l’air, lentement, et donne un enduit très souple et très perméable : c’est le choix des parois abritées et des supports fragiles. L’hydraulique prend aussi en présence d’eau, plus vite, et résiste mieux aux intempéries : on la retient là où la pluie bat la façade. Le choix se fait mur par mur, selon l’exposition, et il est écrit au devis.
Qu’apporte un enduit chaux-chanvre ?
C’est de la chaux mélangée à de la chènevotte, la partie ligneuse de la tige de chanvre. On obtient un enduit qu’on peut poser en forte épaisseur, qui apporte un gain de confort thermique tout en restant perméable à la vapeur d’eau. Sur un colombage, c’est souvent la meilleure façon de gagner en confort sans enfermer le bois derrière un doublage. Il faut savoir qu’il demande de l’épaisseur, donc du temps de séchage, et qu’il ne remplace pas une isolation complète.
Peut-on enduire à la terre crue à l’intérieur ?
Oui, et c’est même son domaine. Un enduit de terre régule remarquablement l’hygrométrie d’une pièce : il absorbe l’excès d’humidité et le restitue quand l’air s’assèche. En revanche il craint l’eau liquide, ce qui l’exclut d’une salle d’eau, d’une crédence de cuisine et de toute façade exposée. Nous le réservons donc aux parois intérieures abritées, et nous vous le disons quand votre pièce ne s’y prête pas.
Combien de temps un enduit traditionnel met-il à sécher ?
Beaucoup plus longtemps qu’un enduit industriel, et cela dépend du liant, de l’épaisseur et de la saison. Une chaux aérienne durcit par étapes pendant des semaines après la dernière passe, et rien ne l’accélère utilement. C’est pour cette raison que nous écrivons le calendrier au devis, séchages compris, et que nous déconseillons de lancer certains chantiers en plein hiver. Une passe posée sur une passe qui n’a pas pris se fissure, et il faut tout recommencer.
Peut-on peindre par-dessus un enduit à la chaux ?
Oui, à deux conditions. La première est d’attendre que l’enduit ait fini de prendre, ce qui se compte en semaines et non en jours. La seconde est de choisir une peinture qui laisse passer la vapeur d’eau : une peinture filmogène annulerait tout le bénéfice de l’enduit et reproduirait, en plus mince, le problème du ciment. Un badigeon de chaux ou une peinture minérale conviennent. Le plus souvent, d’ailleurs, un enduit bien fini se passe très bien de peinture : sa teinte vient du sable et du liant.
Quelles garanties sur une reprise d’enduit ancien ?
La garantie de parfait achèvement pendant l’année qui suit la réception, puis notre responsabilité contractuelle. Notre responsabilité civile professionnelle couvre les dommages causés dans le logement pendant l’intervention. Sur du bâti ancien, nous écrivons en plus ce que la reprise ne peut pas garantir : un enduit neuf ne corrige pas une remontée d’humidité venue du sol ni une couverture qui fuit, et le dire au devis vaut mieux que de le découvrir ensemble deux hivers plus tard.